petit journal de campagne 2012

01 mars 2012

Voilà, nous sommes le premier mars 2012. J’ignore encore à cet instant ce qui fait que je commence mon journal de campagne à ce jour-ci. Peut-être que j’ai ce sentiment diffus que tout va vite comme une flèche. Que tout tend inexorablement vers un but précis. Le six mai 2012. Je me repasse le film et je veux comprendre le cirque, l’agitation, le flot incessant d’images, de mots et de sous-entendus. Je sens, je ressens qu’il se passe quelque chose d’important pour chacun de nous. Je suis en arrêt maladie aujourd’hui. Un sale virus a diffusé en moi  son venin dans tous mes organes ORL. Mon corps, ma belle machine est grippée. Je vais mieux mais mon cerveau bouillonne. Il faut que je raconte à moi-même tout ce que je n’en crois pas mes yeux. Mon état est second, la priorité c’est l’honnêteté intellectuelle…

Un journal de campagne depuis la ville. Je tourne la tête et lève les yeux sur les immeubles en face de moi. Hier, quatre voitures ont brûlées au petit matin sur un parking. Je n’ai rien vu, entendu ni senti car je dormais. Pourtant il est loin d’être blême mon HLM. Bien situé, bien côté et plutôt calme. On y trouve même des Germaine …Ouf, ma voiture est intacte ! Quand je pense que je ne suis pas assurée pour cela. Je frémis, c’est sinistre… Je donnerai cher à François Hollande pour faire partie de ses victimes de sa politique fiscale !

Je l’ai entendu à la télé balbutier sa proposition, s’y reprendre à deux fois, troublé par sa propre audace. J’ai aperçu son collaborateur le député du Lot-et-Garonne, si cher à mon cœur (le département évidemment), découvrir incrédule l’annonce, en direct sur un plateau. Il avait l’impression bien réelle de passer pour un con. J’imagine sa colère. Voilà ce qui arrive lorsque l’on oublie de viser, la main se relâche et la flêche part. N’empêche, la flèche a bien touché le mille. Nous voilà au cœur du débat. Puisqu’il faut payer la facture, passer à la caisse pour payer sa dette, pour boucher les trous colossaux creusés par les politiques sous les yeux goguenards des riches. Qui va payer ?  Ou plutôt qui doit payer. Le riche ou le pauvre ? Peut-on réduire la distance qui sépare un riche d’un pauvre ? Pauvres footballeurs, tennismen, acteurs, chanteurs, animateurs, spéculateurs, gros patrons, avocats d’affaires, affairistes, intellectuels professionnels et j’en passe, à qui on demande de donner une petite part de leur fortune… Les seigneurs du moyen-âge et les saigneurs du nouvel âge. Ils amassent, ils entassent, mettent au chaud leurs lingots. Leurs enfants feront de même. Une belle dynastie de gagnants…

Posséder encore et encore : régner ! Pauvres salauds de pauvres, nés sans talent ni argent, qui quémandent tant pour avoir si peu. Leurs enfants feront de même. Une belle dynastie d’assistés et de fainéants….

Le riche doit sa fortune à son talent et son travail, le pauvre aimerait bien en faire autant !

 

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21h. J’ai déjà enfanté de mon blog depuis une demi-heure qu’il me vient déjà des doutes. Je n’ai pas encore parlé de notre Président ! Nicolas 1er, président des riches et candidat du peuple… Ah, ça ira, ça ira,  Nicolas à la Lanterne, le peuple votant aura ta peau ! En attendant, dans les flashs info, le voir chahuté  dans les rues de Bayonne cela nous change des mensonges orchestrés sur BFM Télé ou autres. Le Roi descend dans la rue, le peuple rudoie le roi, le roi crie au complot, c’est de bon aloi. Le peuple n’a pas le sens de l’humour. Le candidat du peuple, c’était pour rire. Une formule, un stratagème pour garder le pouvoir. Je l’imagine devant ses conseillers : « ah, je suis génial ! Le candidat du peuple ! Fallait oser, j’ose tout car le peuple est tellement con, il gobe tout, déjà en 2007 … » La campagne vient de tourner à gauche. Sarko, tout révolté, vient de prendre une petite partie du peuple en pleine poire. L’arroseur arrosé ….

 

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02 mars 2012

Aujourd’hui, je me sens comme un dimanche, libre de toutes contraintes. Demain, je reprend le boulot.

J’ai donc fait quelques courses en prévision de ce week-end laborieux. Trois jours que je n’ai pas pris de bain de foule ! Direct, le moyen hyper marché interurbain. Là,  j’ai failli acheter le bouquin de F. Hollande pour les besoins de ce journal.

Non, pas que j’avais honte, loin de là. L’ouvrage discret et sérieux, mitterrandien, passe inaperçu dans un caddy. Oui, je possède des livres de Mitterrand, héritage de mon grand-père.

Non, je n’avais pas peur. Il faut vous dire qu’autour de moi, je n’avais que des gens du peuple, du potentiel hollandiste à 80%, au deuxième tour ! La petite gauche laborieuse, la maladroite, celle qui s’accroche encore à son pouvoir d’achat et qui s’inquiète pour ses gosses et parfois ses parents. A cause de mon pouvoir d’achat, justement ?

Et non. Moins de neuf euros pour « changer de destin », trois euros pour « qu’ils s’en aillent tous » et  deux euros pour les « indignés ! »… On attend avec impatience le prix et le titre de l’ouvrage de notre Président. On sera fixé.

Non, je ne l’ai pas pris. Je trouverai bien un militant socialiste pour me l’offrir… Avec une chouette dédicace …  « A la petite gauche et maladroite. Désolé. Affections. François. »

Et j’ai changé la caisse du chat. Il s’appelle Apache. C’est un vieux guerrier fatigué mais philosophe. Nous avons dix-neuf ans de vie commune, nous savons tous deux que bientôt nous allons être séparés. J’aimerai bien être à la hauteur…

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03 mars 2012

 

Nous dînons à CourtePaille. Ma meilleure amie a des réduc et des tickets restau…

Je me sens comme une capitaliste, repue et bien chanceuse. Il fait incroyablement doux sur la terrasse où nous buvons notre café. Et là, tout à coup, va savoir pourquoi, je pense à Bayrou.

Tiens, il serait là, en face de moi, je lui dirais bien sa vérité.

Tiens, là, tout à coup, je suis coach de Bayrou… Ma meilleure amie devient blême… « Son problème c’est le Modem » que je m’écris. « S’il n’y avait que ça… » Et là, je vois le Béarnais, tapant du poing sur la table et s’exclamer : « Ni Gauche, ni Droite. Je serai vot’ Président. Voter pour moi et en juin, vous choisirez vot’ Premier Ministre et sa politique. Moi, je serai au centre, l’arbitre de toutes vos attentions ! » Quelle panache !!!

 « Question panache, t’as vu Poutou ? Trop bien  avec son accent de chez nous… »

Oui, je l’ai vu dans une émission-débat avec un socialiste, un front national, la porte-parole sarkosiste et un expert de je ne sais pas quoi. Vision surréaliste. Et là, tout à coup, la vraie vie. Un type manuel sans manuel, une caricature, un vrai prolo, les manches du polo relevées, avec de vrais mots. Ils raillent son langage, son physique, son nom, son « sans-diplôme » et plus ils raillent plus il devient humain : un genre humain.

Tout à coup, le peuple malicieux reprend sa place et NKM redevient ce qu’elle est : une bobo de droite. Merci camarade, les masques tombent… Le type propret du front national, reste sans voix, ahuri. Poutou, comme une ultime pirouette. Une mission à remplir et vite retourner à l’usine de Blanquefort avec les copains…C’est ça qui agace les autres. Comme ça, un ouvrier sans ambition, qui ne cherche pas la case agent de maîtrise ou même à se caser (ça existe…), comme ça, un ouvrier qui ne désire pas changer de classe. Qui ne veut pas évoluer dans le beau schéma capitaliste. Mais je finis mon café. Fini de rigoler, demain, tout à l'heure, le turbin revient. Je suis à la fois impatiente de retrouver mes camarades de jeux, mes clients nonagénaires et les imprévus de la vie, mais aussi déjà désabusée au son du bip-bip qui me tirera de mon sommeil. Putain, je ne sais toujours pas pour qui je vais voter au 1er tour…

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04 mars 2012

Bon week-end de travail. Convivial.  Malgré un verre cassé et un décès… Journée ordinaire à l’hôpital.

 

Samedi Sarko était à Bordeaux, loin des badauds, Parc des Expo. Il aurait pu venir dimanche, Carnaval dans la rue, un masque et hop, un joyeux  bain de foule. Véridique, l’invité cette année était Le Pays Basque ! Deux jeunes hommes, dixit une journaliste … « en jeans et sweat, disons normaux mais avec des têtes de Gauche.. » n’ont pas été les bien venus au meeting républicain du Président de la République Française… Par contre, relate la journaliste un brin perfide, une dame en Loden bleu marine, n’a pas eu besoin de présenter son invit’ pour entrer. Une tête de Droite sûrement. La lutte des classes n’est pas toujours là où on croit…

Séquence nostalgie à la télé. Les Victoires de la Musique récompensent La RINGER et H. F THIEFAINE…

Catherine et Fred, l’incroyable talent des Rita Mitsouko. La voix de la Ringer et ses beaux et bons mots m’accompagnent depuis 25 ans… Il y a 30 ans, à la patinoire de Mériadeck bondée, Hubert Félix dans le noir faisait flipper ma petite sœur. « Alligator 427… je vous attends. » Et il m’arrive encore aujourd’hui de fredonner rien que pour moi-même : « Car moi je n’irai pas plus loin, je tiens ma tête entre mes mains, Guignol connaît  pas de sots métiers, je ris à m’en faire crever. »

 

 

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05 mars 2012

Aujourd’hui, repos : rangement, ménage, lessive, caisse du chat, factures, etc.… en attentant la journée de la femme !

Aujourd’hui mon petit-fils a 5 mois, et il sourit de toutes ses dents qui vont bientôt arriver…

Je pense à lui et à sa grande sœur : quel monde pour eux ? Le temps passe si vite, de quinquennat en quinquennat, ils seront grands et leur avenir déjà tracé. Je pense à la petite Guilia, ses parents ne sont pas trop inquiets sûrement…

Je pense à vous les bambins et c’est pour vous que je voterai… le 22 avril et le 6 mai. Pour que vous grandissiez dans un monde plus juste, plus sain, plus solidaire et plus joyeux…

Hollande à Nancy. La France Unie face à la France Forte de Sarko. En 88, Mitterrand rempilait, père de la  Nation face à Chirac partisan de droite. L’histoire se réécrit et Hollande l’a compris. Pasqua à cette époque jouait du Guéant à toutes les portes en espérant claquer celle de Le Pen père. Je me souviens, cette droite décomplexée, du bruit et des odeurs, le mouvement alternatif en résistance, les fanzines et ce putain de groupe Parabellum et leur titre « Anarchie en Chiraquie ». L’histoire se répète Tonton, serons-nous les dindons ? Chiraquie et Sarkozie même combat, camarade. Je n’oublie pas, contrairement au vieux corrézien  sénile…

 

 

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07 mars 2012

Marre de gratter le pare-brise au petit matin… C’est la réflexion numéro un au boulot. Tout le monde attend le printemps, les petites fleurs et le soleil cajoleur. Dans mon garage à vélos, ma bicyclette ronge son frein.

Hier soir, le candidat Sarkozy sur une chaîne amie (ah, les mimiques rosies de pucelle de Franz Olivier Giesbert), Sarko the One, cabotin et dynamique, joue du pipeau. Nicolas l’insurgé, qui découvre l’injustice fiscale, lui ancien ministre du Budget et des Finances. Nicolas trémolo, mari abandonné : Fouquet’s  et  Bolloré, c’est la faute à Cécilia. Nicolas, tireur d’élite dans la Marine : tout ça, ma pauv’ dame et mon bon monsieur, c’est la faute aux étrangers et aux chômeurs ! Nicolas le voyou, coups bas au-dessous de la ceinture, tous les coups sont permis, pour Fabius supporter de DSK. Nicolas, l’actor studio, aurait pu jouer dans « The Artist ». Ah, oui,  dans un film muet… Louis de Funès démasqué….

Marre, marre, de Nico, vive le printemps ! Merde, mon anti-sarkosisme primaire m’égare !  

En zappant, j’ai aperçu aujourd’hui, le doux sourire de Poutou, qui mine de rien trouve sa place. Le Front de Gauche de Mélenchon, atteint lui les 10%. Rien d’étonnant.

Le 1er décembre dernier, Mélenchon  était à Talence. Je débauchais à 20h30 alors que le spectacle débutait à 20h. Je tentais ma chance. Impossible de se garer à moins de marcher longtemps, l’autre rive de la Garonne ! Beaucoup de monde déjà. J’étais rentrée chez moi, incrédule. Hollande en favori, la gauche de la gauche se frise décomplexée. Si Sarkozy remonte, on reparlera du vote utile.

Marre, marre, de tous ces dilemmes, de tous ces si et tout ceci ! Vivement le printemps !

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08 mars 2012

Aujourd’hui, journée de la femme. No comment.

Hier soir, j’ai regardé un film de 1982. Mais qu’est-ce qu’il m’arrive… nom de dieu, que le temps passe. 30 ans exactement. Ce film, c’est « Mille milliards de Dollars »  de Henri Verneuil. L’immense Patrick Dewaere y joue un journaliste de la presse écrite. Oui, incroyable, à cette époque, pas d’Internet ! La fin du film est incroyablement forte. Notre courageux journaliste dicte son papier, d’une voix claire et désabusée. Extrait :

« …C’est devant cette absence d’Etat que ces empires économiques nous regardent du haut de leur légalité et leur gigantisme, ils nous regardent avec nos petits drapeaux, nos frontières, nos grosses bombes, nos patriotismes, nos querelles et nos folklores tandis que apparaît en bas de leur bilan annuel : Mille milliards de Dollars. »

C’est peu dire que ni Hollande, ni Sarkozy ne les font trembler.

Aujourd’hui journée de la femme. Lu dans Le Canard Enchaîné, 97 ans le fringuant volatile : « Caddie, le fabriquant français de chariots de supermarché est en liquidation judiciaire. » Vite, un super Sarko en Alsace au secours de la ménagère, sauvant les caddies vidés par le pouvoir d’achat… Un repreneur ? Marcel Dassault pourrait bien produire des chariots en rafale, non ?

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11 mars 2012

 

Ce dimanche, retour vers le futur chez Serge et Anne-Marie que le destin m’a fait l’honneur de me présenter. C’était il y a 25 ans. Je venais de perdre ma mère, j’étais au chômage et mon instinct de survie m’avait fait répondre à une annonce. Le magazine de chanson-rock « Sur la même longueur d’ondes » recrutait des pigistes en Contrat Emploi Solidarité. Le local était minuscule, inséré dans la maison, la mise en page rudimentaire sur du papier millimétré, la saisie sur un Macintosh Plus révolutionnaire et l’ambiance festive. Le canard trimestriel vendu en kiosque, nous tenions des stands, collions des affiches, parcourions les festivals, dans une belle effervescence créative. Nous étions aux côtés de tous les artistes, les petits labels et nous faisions même une émission sur Radio Campus. On aurait dit des militants. Nous étions des militants…

Aujourd’hui, « Sur la même Longueur d’Ondes » est un mensuel gratuit distribué dans les salles de concert avec une version sur le net, il fête ses 30 ans d’activisme musical. Je me souviens de toutes les couvertures, des logos, des pin’s, des affiches et des amis. Certains ont disparu….

Je pourrais raconter mille rires, mille anecdotes, mille rencontres incroyables que nous avons faits avec Serge et son journal qui était aussi le mien… Je garde tout ça bien au chaud dans mes souvenirs et je retiens surtout le pourquoi de tout ça : nos valeurs indestructibles, nos valeurs de Gauche.

Aujourd’hui, Sarko fait son show à Villepinte avec ses valeurs de Droite. Pour eux, nous seront toujours des étrangers. L’incompréhension réciproque…

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16 mars 2012

 

Cinq jours d’abstinence de mots. Cinq jours passés à digérer la boue médiatique de cette campagne. La nausée. Ah, le grand écart de not’ Président, passant avec la légèreté qui le caractérise, de l’extrême droite (l’immigration) à l’extrême gauche (faire payer les riches). Si vous le voyez claudiquer à la télé, c’est qu’il se sera froissé un muscle… Ah, l’occitan du Béarnais à la rescousse d’un discours inaudible. Ah, l’infâme blondeur de la  Marine qui veut créer un ministère de la fraude aux alloc ! Ah, la certitude de Hollande : le chantage au 21 avril fera le reste…

 

Ca y est, ils ont presque tous leurs 500 signatures. Finalement, ce système n’était pas si mauvais que ça. Ouf, la Démocratie est sauvée !!!

Moustaki soutient le NPA. Seul sourire de cette semaine politique. « C’est mieux que Barbelivien… » se marre Poutou. Le bon sens prolétaire…

 

Voilà, c’est reparti pour un tour officiel. Délire de démago, surenchère, langue de bois, mensonge et opportunisme : les armes du candidat. Tous les coups sont permis et seules comptent les courbes (« alors ça se croise ou pas ? ») des sondages.

 

Il y a des jours comme ça, où l’on préférait prendre la Bastille direct plutôt que se coltiner tout ce cinéma, cette super production en millions d’Euros. Je ne tiendrai pas jusqu’au 6 mai. La nausée.

« Tu nous ferais pas une petite dépression, toi ? » s’inquiète ma meilleure amie.

- T’inquiète… Cela me fait toujours ça à l’approche du printemps surtout si il est électoral ! »

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